Ce matin lorsque je me suis levé, un bel article que j'avais envie de partager avec vous prenait forme dans ma tête. Cependant après avoir vu et entendu tout ce qui se disait au sujet de ce tsunami qui a fait des centaines de morts et tellement de dégâts au Japon, je ne sais plus à présent si vous parler de la vie est encore de mise. Disons que je me sens un peu mal d'afficher sur vos écrans une note tellement plus positive. Et puis je me suis dis, pourquoi pas? Cela aide à survivre aussi lorsque la mort frappe, que l'impuissance et le désespoir veulent nous emporter... non?
La vie peut-elle devenir une passion? Mais quelle folie et quelle naïveté me dites-vous. Peut-être; car comme vous des moments d'épreuves, de doutes, de furie, de lassitude, de grands chagrins me gagnent et je me demande comment en sortir. Comment voir le soleil lorsqu'il ne brille pas? Comment voir la beauté des choses et des gens lorsque la laideur se montre plus qu'à son tour et que trop de frères bafouent cette planète et ses habitants? Que faire devant l'indifférence qui tue ou le mal qui tel un rongeur gruge ce qui reste de vie en nous? Comme vous parfois je l'ignore. Serait-ce que le temps est venu de serrer les poings et de nous battre?
Naître, vivre, survivre, donner, aimer et espérer encore et toujours, même au-delà de tout ce qui détruit. Est-ce possible? Je crois que oui, puisque le monde se rebâtit chaque jour quelque part. Que les gens possèdent en eux une force qu'ils ne soupçonnent même pas, mais qui leur permet de lutter et de se relever. Beaucoup d'entre nous sommes munis d'un très grand pouvoir de régénération; ne continuons-nous pas d'avancer malgré la peur, le froid et la guerre?
Si je puis accorder à mon existence le don de l'ouverture et de l'amour, alors je vis car je grandi et j'évolue vers un autre moi plus libre et conscient. Si au lieu de ne chercher en moi que ce qui manque à ma vie je jette un regard neuf et réaliste sur moi-même, ne puis-je voir et découvrir tous ces trésors qui dorment au fond de moi? Dès l'instant où je me convaincs de ma valeur et que je libère tout ce potentiel qui ne fait que sommeiller, j'ouvre la fenêtre qui permet à l'oiseau de s'envoler. Il part là-haut, bien au-dessus de tous les nuages...et la vie qui demeure plus forte que la mort fait sa place en moi.
Tout ce qui demeurait ainsi emprisonner s'épanouit; le rêve et la passion qui jadis m'habitaient remontent à la surface. Mieux encore, ils me conduisent sur ces chemins qui désormais sont aussi pavés de roses et non plus seulement de leurs épines. Alors je chante...malgré le mal, l'hiver et l'agonie de ces gens qui souffrent. Tout doucement la vie occupe la place qui lui revient. Je ne peux plus alors dire '' Je me meure '', mais plutôt '' Je vis, j'aime et j'espère''.
Oui, il y aura encore de la vie après tout ça...ne le croyez-vous pas vous aussi?
Delvina Lavoie.
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